Revue Chemins d'étoiles n° 5
Avril 1999 - ISSN XXXX-XXXX - 5 €
Editorial
Une main droite en bronze, découverte dans le midi de la France, a traversé les siècles pour nous déposer son message. En lettres grecques finement gravées, une inscription désigne une alliance entre deux peuples ennemis : “sumbolon pros oge lagniogs”. La main gauche n’a jamais été retrouvée, mais l’enseignement éclate de ce symbole livré dans sa réalité primitive. Sun bolon : les fragments désunis doivent être “lancés ensemble” pour un jour se rejoindre. C’est à deux, dans un espace réconcilié, que l’objet reprend sens.
Tel est le signe de reconnaissance entre deux étrangers : par ses parties rassemblées, la tessère d’hospitalité scelle un pacte d’amitié. La main tendue est reconnue, la main reconnue acceptée. Le singulier devient alors naturellement pluriel, l’unique fait place au multiple.
Mais quel est-il, ce voyageur inconnu ? Sont-ils si différents, ces passants qui se croisent ? Non. L’hôte est un miroir au miroir de l’hôte. Reçu et recevant, tellement indissociables qu’au fil du temps ils se sont revêtus du même nom, pour poursuivre la route. Ensemble.
Car l’homme n’est pas homme s’il n’est tout l’homme. S’il n’est à la fois maître et serviteur, union et division, contradiction et réconciliation.
Dans le passant, l’hospitalier s’est reconnu. Et le passant, à son tour, se fera hospitalier. L’accueil est don, et le don est échange. Pour se serrer la main, ne faut-il être deux à la tendre ?
Gaële de La Brosse
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